Denise Laferrière


Mon blog


4 november 2015 - Le rôle des femmes dans l'espace public.

Au cours des dernières semaines, l'actualité a fait une large place à la situation des femmes dans notre société à commencer par la marche des femmes qui a lieu à tous les cinq ans sous le thème " du pain et des roses ". Dans notre région, la célébration s'est tenue à l'UQO et les personnes présentes regroupaient des syndicalistes, des immigrantes, des femmes autochtones aussi bien que des élues municipales que des groupements de femmes hébergeant des victimes de violence conjugale. L'Association des groupes de femmes en intervention régionale, A.G.I.R a fait un excellent travail de mobilisation et d'organisation afin que l'Outaouais participe à l'événement national qui avait lieu à Trois-Rivières. Les femmes de toutes les régions du Québec ont pris la parole afin de mesurer le chemin parcouru depuis les cinq dernières années en matière de féminisme.

Puis, le 19 octobre, jour d'élections fédérales, la population s'est prononcée. Autant en 2010, la vague de sympathie pour Jack Layton avait produit un raz de marée orange que le Québec avait embrassé avec une cohorte de jeunes femmes à peine sorties de l'université pour agir comme " poteau " dans des circonscriptions improbables, autant la vague libérale en 2015 n'a pas permis de faire élire un aussi grand nombre de femmes, balayant sur son passage les Nicole Turmel et Françoise Boivin de notre région mais curieusement a donné un deuxième mandat à Sue Helen Brosseau dans la circonscription de Berthierville aux mains du NPD. On se rappellera que cette serveuse de profession avait passé une bonne partie de la campagne électorale à Las Vegas pour prendre ses vacances tellement elle croyait impensable l'idée de remporter l'élection en 2010. Parlant à peine le français, au départ, elle a travaillé si fort pour ses citoyens que ceux-ci l'ont réélue pour les représenter à Ottawa. Cette fois-ci, elle a amplement mérité son siège.

Au cours des deux dernières semaines, l'émission " Enquête " a levé le voile sur la situation que subissent les femmes autochtones à Val-D'Or face aux policiers de la Sureté du Québec qui utilisaient ces femmes comme des objets ni plus ni moins afin d'assouvir leurs pulsions sexuelles mais surtout pour montrer tout le pouvoir que ces hommes blancs ont sur elles. Dans la tourmente, on a vu la Ministre de la Sécurité publique défendre bravement son service de police pour se faire jeter comme une vieille chaussette lorsqu'elle est devenue trop émotive face aux questions incessantes des médias. Lise Thériault a absorbé le choc pour son gouvernement mais maintenant que le pire est passé, c'est le ministre des affaires municipales, Pierre Moreau qui reprend la suite des choses. On s'attend maintenant à ce que Justin Trudeau établisse une commission d'enquête sur la violence faite aux femmes autochtones partout au Canada et, bien sûr, chez nous au Québec. On ne compte plus le nombre de femmes violées, battues et tuées par la négligence de nos gouvernements, comme si le fait d'être une femme autochtone ne méritait aucun effort afin que cesse le carnage. À Gatineau, il suffit de se rappeler le meurtre d'une femme enceinte de 27 ans dans le stationnement d'un terrain de la CCN qui n'a jamais été élucidé; Nancy Morisseau, ton âme pourra-t-elle reposer un paix sans que justice soit faite?

Il y a un peu d'espoir cependant car les autochtones ont voté massivement lors des élections fédérales et le gouvernement libéral compte maintenant 9 des leurs sur les 184 libéraux élus au Parlement. De même, Justin Trudeau a promis un Conseil des Ministres paritaire, ce qui augure bien pour la représentation équitable des besoins des hommes et des femmes. Mais il faut continuer à revendiquer notre place dans la sphère publique car si on ne prend pas cette place, personne ne nous l'offrira sur un plateau d'argent.

Pour ma part, j'ai réussi à obtenir qu'une formation sur l'analyse différenciée selon le sexe (L'ADS, pour les initiés) soit donnée à une vingtaine de cadres de la ville de Gatineau de même qu'aux élus municipaux intéressés. Je salue la présence de mes collègues masculins, Martin Lajeunesse, Jocelyn Blondin, Jean Lessard et Mike Duggan qui ont participé bravement à la sensibilisation de même qu'à Laurence Gillot et Myriam Nadeau pour leur soutien. Je ne doute pas que des statistiques sexuées des participants aux services offerts par la ville pourront nous aider à mieux saisir les différences inhérentes entre les sexes pour répondre adéquatement aux besoins de tous nos citoyens. C'est un premier pas mais beaucoup reste à faire.

À preuve, le 25 novembre prochain, à 19h30 à la salle Jean-Desprez de la Maison du Citoyen, Ève Lamont, cinéaste originaire de Hull, nous présentera son dernier film " Le commerce du sexe " et ce, gratuitement.

Écrire vos commentaires sur le rôle des femmes dans l'espace public?!





6 octobre 2015 - Des déchets ou des ressources?

Aujourd'hui, j'aimerais vous parler du projet de plan de gestion des matières résiduelles 2016-2020 que nous avons voté le 25 août dernier. Vous en entendrez parler cet automne car des consultations publiques sont prévues le 28 d'octobre afin que la population donne son point de vue sur les changements à venir.

En effet, le gouvernement du Québec exige que les municipalités s'efforcent de réduire le tonnage des déchets enfouis et que nous récupérions 70% de tout ce qui est recyclable (nous sommes actuellement à 66% à Gatineau) En ce qui a trait au compostage, nous réussissons à mettre en valeur 43% des matières putrescibles alors que le gouvernement exige que nous atteignions au moins 60%; donc, nous avons encore beaucoup de travail à faire et nous aurons besoin que tout le monde mette l'épaule à la roue. En 2020, Québec désire bannir l'enfouissement de toutes les matières putrescibles.

Rappelons aussi que le tonnage détourné de l'enfouissement devra être au rendez-vous car la gestion des ordures envoyées à Lachute coûtent deux fois plus cher que le coût du recyclage et du compostage mis ensemble.

Pour y arriver, on propose de ne plus accepter la mise à la rue d'encombrants (tel que des meubles, réservoir à eau chaude, panneaux de plastique, bouts de 2' par 4') mais que le ramassage de ces articles qui sont souvent mis à côté de la poubelle soient amassés à date fixe, quatre fois par année.

Actuellement le règlement permet l'équivalent de 6 sacs à ordures à chaque deux semaines. Pour réduire le tonnage de déchets tel qu'exigé par le gouvernement, nous devrons rendre obligatoire le compostage car, pour le moment, seulement 50% des personnes qui ont un bac brun s'en servent.

Or on s'est rendu compte que 41% de ce qu'on trouve dans les ordures ménagères dans les multiplex devrait se retrouver dans le bac brun. De plus, nous examinons l'éventualité de mesures tarifaires proportionnelles au tonnage que le citoyen prévoit envoyer au site d'enfouissement; autrement dit, pollueur-payeur ou récompenser les citoyens qui adoptent les bonnes pratiques en triant leurs matières résiduelles.

Avec l'ouverture d'un écocentre dans le secteur de l'aéroport, nous songeons à en faciliter son utilisation en permettant à la population qui habite Gatineau de ne payer aucun frais pour tout ce qui concerne le réemploi, les résidus de construction, rénovation et démolition, les métaux de toutes sortes afin de favoriser la réutilisation au maximum. Pour le moment, seuls les détenteurs de la carte Accès Gatineau Plus peuvent bénéficier de trois voyages sans frais.

À partir du 7 septembre, le projet sera disponible sur le site web de la ville, dans les centres de service ainsi qu'aux succursales des bibliothèques pour que vous en preniez connaissance. En octobre, vous pourrez faire vos commentaires sur le projet lors des consultations publiques et en décembre 2015, nous voterons à nouveau le plan PGMR en suivi des suggestions apportées par le public et enverrons le tout au gouvernement du Québec afin qu'il soit approuvé. Si nous répondons aux normes de réduction de déchets exigé par Québec, nous devrons trouver une solution pour le déchet ultime.

Écrire vos commentaires sur des déchets ou des ressources?!





15 septembre 2015 - Une tour de 57 étages primée au titre de construction emblématique d'importance mondiale!

Au moment où la ville de Gatineau s'apprête à rendre public le rapport de consultation portant sur le redéveloppement du quartier du Musée suite aux projets de tours du promoteur Brigil, je trouve important de souligner les mérites de la verticalité dans le contexte de revitalisation d'un secteur déstructuré.

La tour " Turning Torso " située à Malmö, en Suède a obtenu un prix prestigieux le " 10 Year Award " décerné par le Council on Tall Buildings and Urban Habitat (CTBUH) qui rassemble des spécialistes du monde entier réputés en conception, design, construction et exploitation d'immeubles de grande hauteur et de villes du futur.

L'architecte et ingénieur civil Santiago Calatrava a réalisé un gratte-ciel révolutionnaire pour le compte d'une coopérative de construction de logements, HSB Malmö afin de transformer une zone industrielle désafectée en un nouveau quartier animé offrant des espaces résidentiels, commerciaux, culturels et de divertissement. En quoi cette tour de 57 étages est-elle exceptionnelle?

Dix ans après l'inauguration de la Turning Torso achevée en 2005, cette récompense internationale reconnaît non seulement la valeur et la contribution de la tour à la culture et à l'iconographie urbaine, mais aussi son rôle sociétal et ses avancées techniques. Selon le CTBUH, " par sa forme architecturale totalement inédite et sa combinaison unique de solutions structurelles, la Turning Torso reste un ouvrage sans équivalent, même dix ans après sa construction ". Cette tour est la seule au monde de forme torsadée; d'une hauteur d'environ 190 mètres, elle compte par ailleurs parmi les plus hauts bâtiments d'Europe.

À l'instar d'un torse pivotant autour de sa colonne vertébrale, il est composé de plusieurs cubes tournant autour d'un axe vertical. Les neuf éléments pentagonaux tournent sur eux-mêmes en s'élevant, d'au total de 90 degrés sur toute la hauteur de la tour, lui conférant ainsi sa forme hélicoïdale. Un exosquelette d'acier ressemblant à une colonne vertébrale relie entre elles les différentes sections. Les deux cubes inférieurs sont occupés par des bureaux alors que les 7 sections supérieures accueillent 147 logements, entre un et cinq par étage.

En quoi sa conception est-elle révolutionnaire?

La Turning Torso intègre la mise en œuvre de normes industrielles en avance sur son temps. C'est ainsi que toute l'énergie consommée dans le bâtiment provient de sources renouvelables - énergie géothermique, hydraulique, solaire et éolienne et chaque logement possède son propre compteur électrique, ce qui permet aux occupants de pouvoir contrôler et gérer leur consommation à tout moment. De plus, chaque logement est doté d'un conteneur de déchets organiques. Celui-ci est relié à un système de tubes, raccordé à une installation municipale de biogaz produisant de l'énergie à partir des déchets.

Parmi les lauréats ayant obtenu le prix du CTBUH figurent la Post Tower à Bonn (2014) et le 30 St. Mary Axe à Londres (2013).

La tour Turning Torso est vraiment le signe éclatant de la revitalisation d'un secteur qui battait de l'aile soit le port de Malmö. Cette portion de la ville est maintenant le siège de l'université de Malmö et comporte tous les attraits d'un quartier latin avec des résidences pour les professeurs et les étudiants; les fonctions commerciales, culturelles et de divertissement vont certainement s'épanouir d'ici peu.

Cette tour représente le symbole de l'identité des jeunes suédois et de la ville de Malmö qui se projette dans l'avenir avec fierté et beaucoup d'assurance. Qui ne le serait pas en regardant cette icône de l'architecture!

Écrire vos commentaires sur le Turning Torso!





15 août 2015 - Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage

Oui, voyager permet de sortir de soi, de son espace tel un saut dans le vide qui nous laisse pantois, ahuri. Ce déséquilibre nous rend vulnérable et attentif aux changements que nous expérimentons durant cette période intense propre à l'apprentissage. En effet, tous nos sens sont en alerte car nous évoluons dans un contexte différent de notre vie quotidienne. S'adapter aux conditions nouvelles constitue la clé d'un voyage réussi.

Du 29 juin au 3 juillet, j'ai participé à la 52e conférence internationale sur la viabilité des villes, à Bristol, Angleterre. La ville hôte a été nommée ville européenne verte en 2015. Les conférenciers provenaient de tous les continents sauf l'Afrique qui n'était pas représenté.

Ce qui a le plus attiré mon attention, c'est que toutes les villes du monde sont en compétition pour attirer les personnes les plus créatives afin de maintenir ou améliorer leur niveau de vie et créer de la richesse pour leur population. Les conditions favorables d'une telle attraction reposent tout d'abord sur la présence de milieux naturels de qualité, sur des institutions d'enseignement qui puissent augmenter le niveau de connaissance et de conscience des habitants des villes de même que sur la fiabilité des infrastructures de base à délivrer les services attendus de la part des citoyens. Aujourd'hui, le Wi-Fi ou l'internet à haute vitesse devaient-ils être considérés comme un must pour tous au même titre que la fourniture d'eau potable ? Et cet accès devrait-il être gratuit afin de rétrécir le gouffre entre ceux qui ont tout et ceux qui n'ont rien?

Si les pays plus riches tels que les USA, le Canada et plusieurs pays européens tels l'Angleterre, l'Allemagne, les pays scandinaves, les Pays-Bas, le Danemark et dans une certaine mesure la France n'acceptent pas d'ouvrir leurs frontières aux immigrants provenant du sud de la Méditerranée qui cherchent un endroit sûr pour fuir les Boko Haram ou l'État islamique qui mettent leur pays à feu et à sang, nous allons tout droit vers la catastrophe.

D'ailleurs, c'est déjà commencé. À regarder les infos, il n'y a pas un seul jour où on annonce qu'un bateau de fortune ayant à son bord des centaines de femmes et d'enfants a coulé au large de l'Italie ou qu'un groupe de migrants tente par tous les moyens de passer à la frontière avant qu'on érige un mur pour les empêcher de demander asile. À Calais, des centaines de policiers ont pour mission d'empêcher des immigrants désespérés de traverser la Manche en empruntant le tunnel.

L'équité et la justice sont au cœur du développement de villes vertes et en santé; la dimension sociale des villes constitue la clé de voûte du développement durable. Or, les exemples présentés lors de ce colloque international font fi de cet aspect car ils documentent des expériences qui ont eu lieu dans des milieux aisés et des pays dits « développés », donc, il est difficile, voire impossible de calquer leur succès dans un contexte de pauvreté et d'indigence de moyens.

Par contre, une présentation faite par la blogueuse hindoue, Prathima Manohar démontre l'influence d'internet dans le concept de développement urbanistique d'une mégapole telle Mumbai; à partir du constat que les représentants politiques du pays ne sont pas redevables à la population qui les a élus mais que le système repose avant tout sur la corruption, Prathima Manohar travaille par le biais des média à forger l'opinion publique en fonction des besoins de la population; elle crée un dialogue avec les citoyens et forme une coalition de leaders qui permet d'éduquer la communauté sur le type de services à offrir et s'adjoint les experts techniques pour ce faire.

En établissant un consensus solide avec les gens sur le terrain, elle est à même de proposer aux développeurs immobiliers qui possèdent la majorité des terrains comment améliorer la valeur de leur propriété tout en répondant aux besoins de la population. C'est la plus value économique qui motive les promoteurs à prendre en compte le bien commun car cela a une incidence positive sur le rendement de leur investissement à moyen et long terme. Voilà une manière étonnante de concevoir la ville au XXIe siècle!

Écrire vos commentaires sur Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage!





24 mai 2015 - le 61 et 77 rue Laurier

Le groupe Brigil " bâtisseur de qualité de vie dans la région de la capitale nationale du Canada " développe des projets immobiliers des deux côtés de la rivière des Outaouais depuis 30 ans. Gilles Desjardins, originaire de Gatineau en est l'unique propriétaire. Celui-ci a décidé de frapper un grand coup cette semaine en proposant de construire deux tours face au Musée canadien de l'Histoire; l'une de 55 étages, la tour Renaissance et l'autre de 35 étages , la tour Alliance.

Le concept est audacieux : un investissement privé de 400 millions avec plus de 300 chambres d'hôtel de calibre international, 55000 pieds carrés d'espaces commerciaux et plus de 500 condominiums afin de repeupler le centre-ville de Gatineau. En prime, un observatoire au 55e étage qui pourrait dynamiser l'offre touristique en Outaouais qui a perdu son icône depuis plus de cinq ans soit le petit train à vapeur. Avouons que Gilles Desjardins n'a pas froid aux yeux en cette période où l'économie est à son plus bas.

La vidéo promotionnelle présentée lors du 5 à 7 de la Chambre de Commerce de Gatineau au théâtre IMAX du Musée devant un parterre composé principalement de gens d'affaires a permis d'applaudir le pari risqué mais aussi la capacité de l'entreprise à nous faire rêver. Car ils ne sont pas si nombreux en Outaouais à pouvoir livrer la marchandise et à vouloir surtout laisser une marque signalétique de leur influence sur le milieu bâti en Outaouais.

Non seulement ce projet pharaonique pourrait donner un coup de fouet au développement anémique de l'économie mais il ferait la part belle au domaine de la construction car cela prendrait entre 5 à 6 ans pour ériger les deux tours mais l'activité hôtelière et commerciale générerait par la suite un nombre récurrent d'emplois permanents alors que la région cherche à diversifier ses sources d'emploi depuis le début des années 90.

Au plan touristique, la création d'un observatoire au couronnement de l'édifice de 55 étages face au Parlement du Canada améliorerait l'offre touristique du Québec confirmant le rôle de porte d'entrée de Gatineau et serait un formidable atout pour retenir plus longtemps les touristes venant visiter Ottawa. Cela contribuerait une fois pour toutes à mettre la ville de Gatineau sur la carte et à y faire sa place comme quatrième plus grande ville du Québec. De plus, le label de LEED platine attribué aux deux tours rehausserait la réputation de Gatineau comme ville verte tout en valorisant les édifices patrimoniaux tels que le restaurant Henri Burger, l'immeuble de l'Association du Hull-Volant et plusieurs édifices cossus reliés à la bourgeoisie de l'ex-ville de Hull surtout présents sur les rues Champlain et Notre-Dame-de-l'Île.

Bref, c'est une opportunité taillée sur mesure pour l'avenir de Gatineau. Si nous ne la saisissons pas au vol, qui sait si elle reviendra un jour? Selon moi, ce projet donne un souffle nouveau, un sentiment de confiance dans nos capacités, un optimisme ambitieux à notre population, ne soyons pas des éteignoirs, osons pour une fois!

Écrire vos commentaires sur le 61 et 77 rue Laurier!





24 mars 2015 - Radio-Canada dans la tempête

Au cours du vingtième siècle, le contrôle de l'information par les gouvernements a joué un rôle central dans la géopolitique des guerres mondiales. En effet, la propagande a convaincu des millions d'allemands de l'avènement du troisième Reich sans que le peuple ne soit mis au fait que cette « idéologie » reposait sur la destruction de tous les juifs vivant en Europe pendant toute la durée du conflit.

Ces moyens techniques imposants allaient se surmultiplier avec l'arrivée de la télévision; du coup, l'instantanéité de l'image prend le dessus sur l'écrit car comme on le dit si bien : une image vaut mille mots. Qui ne se rappelle avoir vu des centaines de fois les images de l'effondrement des tours jumelles du Wolrd Trade Center le 11 septembre 2001? Marshall Mcluhan a été le premier à reconnaître l'importance des media avec sa formule choc : « le médium, c'est le message! ». Tout récemment, Benyamin Nétanyahou a fait la preuve qu'en se montrant très ferme sur l'impossibilité de créer un état palestinien lors d'un discours au Congrès américain en compagnie du président de la chambre (un républicain), il a, du coup, défié le président Obama et en même temps retourné en sa faveur l'issue de l'élection. Il est passé de zéro à héros en quelques clics sur les média sociaux convainquant les israéliens qu'il représentait la puissance face au géant américain.

Cette longue introduction m'amène à souligner le rôle identitaire extrêmement important que joue la radio et la télévision de langue française partout au Canada depuis ses débuts et encore plus maintenant où l'éclatement des plateformes de communication sont tellement diversifiées qu'il faut se regrouper pour avoir une force de frappe. TV5 est un bel exemple de ce renforcement. De même, la nomination de Michaëlle Jean comme secrétaire générale de la Francophonie il y a quelques mois a été rendue possible par l'influence médiatique qu'elle avait développée au fil de sa carrière comme journaliste à Radio-Canada et ensuite en devenant gouverneur-général du Canada. Le Canada a vengé l'affront de se voir refuser un siège au conseil de sécurité de l'ONU en contribuant avec succès à sa nomination à la Francophonie. Un prix de consolation, en somme qui reflète bien comment les médias contribuent au « branding » d'un pays. Si la société Radio-Canada, une entreprise financée par l'état n'avait pas existé, il aurait été impossible pour Michaëlle Jean de faire valoir ses compétences d'historienne et ainsi gagner en notoriété en faisant ses classes à la radio et à la télévision publique.

Que dire aussi de l'émission Enquête d'Alain Gravel qui a forcé littéralement le gouvernement québécois à mettre sur pied la commission Charbonneau... Seule, une institution de télévision publique peut permettre à plusieurs journalistes de documenter un sujet pendant plusieurs mois avant que celui-ci ne soit complété pour diffusion. Les média privés doivent faire de l'argent très vite pour se maintenir et n'ont pas comme mandat de préserver l'intérêt des citoyens à l'information. La société Radio-Canada crée un contrepoids face au privé avec toute la rigueur qu'elle déploie pour présenter au public tous les aspects de la nouvelle.

À cause de l'étendue du Canada, il est impératif de maintenir dans les régions éloignées la présence d'une radio et d'une télé financées par nos taxes et ce, dans les deux langues officielles car cela symbolise l'art de vivre ensemble en paix malgré nos différends, c'est la quintessence de la réalité du Canada à nos yeux et aux yeux du reste du monde!

Depuis que le gouvernement Harper est au pouvoir et plus précisément au cours du dernier mandat majoritaire des conservateurs, la Société Radio-Canada a été mise à mal même si le discours des compressions budgétaires nécessaires à l'atteinte d'un budget équilibré sert bien le parti au pouvoir.

Jamais les conservateurs n'ont proposé le démantèlement de Radio-Canada mais, sous prétexte que les télévisions généralistes vont chercher une part de marché plus faible à cause de la diversité des canaux spécialisés, on coupe les vivres sans vergogne à la société d'état prétextant qu'elle doit faire sa part mais sans consulter la population sur le rôle et les pouvoirs que celle-ci devrait conserver dans le futur.

L'identité canadienne s'est construite historiquement avec l'apport des autochtones qui nous ont accueillis et ont aidé la France à explorer une grande partie de l'Amérique du Nord et à développer la langue française; partout où les Boisvert se sont établis aux USA, ils sont maintenant devenus Greenwood. Le fait français fait partie de l'ADN du Canada et la société Radio-Canada a permis de diffuser notre culture aux quatre coins de notre pays et maintenant dans le monde avec TV5 . Nier ce rayonnement de la langue française pour les communautés éloignées revient à les priver d'oxygène et à moyen terme, cela équivaut à leur arrêt de mort. Les coupures de postes de journalistes et d'animateurs dans les régions où le français peine à survivre sonne le glas de la dualité des deux langues officielles. Harper ne dit pas qu'il veut supprimer la société d'état mais il fait tout ce qu'il peut pour l'affaiblir et nier sa pertinence.

La fermeture de l'entrepôt des costumes des émissions de télévision de la société Radio-Canada à Montréal démontre, hors de tout doute, que le gouvernement conservateur est prêt à toutes les bassesses pour faire disparaître les vestiges de ce qui a fait la fierté de tout un peuple lorsqu'il regardait son histoire à l'écran. Détruire une institution qui nous rappelle qui nous sommes et qui se questionne sur notre devenir pour économiser une poignée de dollars et surtout pour faire taire les intellectuels qui réfutent les idéologies du parti conservateur, ça c'est toute une propagande qu'Harper tente de nous faire avaler! Souvenons-nous en dans l'isoloir l'automne prochain.

Écrire vos commentaires sur Radio-Canada dans la tempête!





2 février 2015 - Le ruisseau de la Brasserie

Depuis son ouverture le 15 janvier dernier, la patinoire du ruisseau de la Brasserie a fait beaucoup de gens heureux ! Bien que la qualité de la glace laissait à désirer au cours de la première semaine, les amateurs de patin ont investi l'endroit dès la première fin de semaine comme s'ils attendaient depuis longtemps l'accomplissement de leur rêve, peu importe.

Cette popularité du site ne se dément pas depuis car le caractère intime et bon enfant du lieu en est son principal atout. En effet, on se rappelle du temps où on pouvait à la fois patiner et jouer au hockey sur le moindre cours d'eau , garçons et filles ensemble et sans se préoccuper de posséder l'équipement nécessaire , simplement s'amuser sans règles à suivre et sans supervision d'adultes craintifs de la sécurité de leur progéniture. La patinoire du ruisseau, c'est beaucoup ce rappel de l'innocence liée à notre enfance à tous où la vie était beaucoup plus simple et surtout où l'avenir regorgeait de possibilités car nous étions alors jeunes et beaux presque invulnérables. C'est cette nostalgie qui est au cœur du succès de la patinoire.

Il y a quelques jours, une préposée au nettoyage des bureaux à la Maison du Citoyen m'a abordée en disant : " il faut que je vous dise merci pour avoir ramené la patinoire du ruisseau " des étoiles dans les yeux. Ce à quoi j'ai répondu : « C'est tout le Conseil qui a donné son aval au projet car cette activité représente le début de la revitalisation du centre-ville. Réjouissons-nous de ce nouveau départ! »

Écrire vos commentaires sur le ruisseau de la Brasserie!





5 janvier 2015 - De quoi sera fait 2015 à Gatineau?

Il faudra, tout d'abord, surveiller l'ouverture des soumissions du centre multifonctionnel en février. Nous avons séparé l'appel d'offres en deux lots distincts afin de minimiser les risques de dépassements de coûts. S'il s'avérait que la stratégie de la ville ne donne pas les résultats escomptés, nous pourrions nous retrouver à la case départ car ce nouveau Conseil compte douze nouveaux élus qui pourraient très bien contester les décisions prises dans le passé au sujet de l'aréna Robert-Guertin.

Autre sujet d'importance qui occupera le devant de la scène cette année : il s'agit de revoir notre plan de gestion des matières résiduelles au regard des nouvelles exigences du gouvernement du Québec de faire participer les industries, commerces et institutions communément appelés ICI tant au niveau du recyclage et du compostage. L'objectif du gouvernement est de détourner la très grande majorité des matières résiduelles des sites d'enfouissement et de favoriser la filière énergétique pour tout ce qui n'est ni réutilisable, ni compostable.

La ville de Gatineau performe mieux que la majorité des grandes villes du Québec en ce qui a trait au recyclage et au compostage dans la collecte porte-à-porte. Ce sera un grand défi de faire participer les ICI et il faudra utiliser la carotte et le bâton pour susciter leur implication. Par exemple, le gouvernement songe à interdire de jeter le carton aux ordures en 2015, ce qui devrait entraîner le milieu des affaires à le recycler car cette mesure pourrait lui éviter des pénalités coûteuses s'il résiste à le faire. Mais plus encore, ce sera la ville qui deviendra la grande responsable du taux de récupération (réemploi, recyclage, compostage, valorisation énergétique) total en incluant non seulement le résidentiel mais aussi les ICI. Si la ville ne réussit pas à convaincre tous les acteurs du milieu de réduire ce qui va à l'enfouissement, c'est la ville qui en paiera le prix. Par contre si son taux de récupération est au-dessus de la moyenne, elle sera récompensée. C'est donc un très grand défi qui nous attend.

Au niveau de la gouvernance, il sera intéressant de voir jusqu'où le nombre de comités et de commissions actuellement au nombre de 22 pourra être réduit sans démotiver les élus avec peu ou pas de dossiers à piloter au nom de la ville. Si le nouveau Conseil veut aller dans cette direction, il serait possible de reprendre le débat entamé par le précédent Conseil sur le nombre maximal d'élus aptes à représenter une ville de la taille de Gatineau. J'étais une des personnes qui favorisait une réduction significative d'élus (nous serions passés de 19 élus à 12) mais le maire du temps avait jugé que le vote pris pour aller vers ce type de gouvernance n'était pas assez fort. 10 élus étaient favorables au changement soit la majorité. Mais il suffit de dire que nous n'avons pas saisi la balle au bond alors que d'autres villes, soit Québec et Longueuil, se sont inspirées de notre débat pour réduire leur propre Conseil lors des dernières élections municipales de 2013.

Dernier dossier à surveiller mais non le moindre, celui de la Société de Transport de l'Outaouais : turbulence en vue en 2015. Une étude externe sur l'analyse organisationnelle sera dévoilée tôt dans l'année de même qu'un autre rapport portant sur les ratés du projet Rapibus. Il est prématuré de présumer des recommandations à venir mais une chose est sûre : la STO naviguera en mer agitée en 2015 et elle aura le défi de se réinventer.

À la Société de Transport de Montréal, son président, Philippe Schnobb qui est un candidat défait de l'équipe Coderre a politisé indûment sa fonction et s'est fait rabrouer par la presse en décembre dernier. La tentation sera forte pour le nouveau gouvernement Couillard de reléguer les différentes sociétés de transport au rang d'un simple service municipal dans ces conditions alors qu'il a déjà aboli d'autres structures telles que les CRÉ, CLD et Agence de santé. Avec l'annonce d'aujourd'hui modifiant le mandat de la Caisse de Dépôt du Québec pour en faire un constructeur d'infrastructure de transport en commun, notamment à Montréal et possiblement à Québec ainsi qu'un opérateur de ce type de service, il faut se questionner sur la tangente future des sociétés de transport : leur avenir semble tout à coup bien fragile.

Écrire vos commentaires sur Gatineau en 2015!





Archives du blog pour 2014!

Archives du blog pour 2013!

Archives du blog pour 2012!

Archives du blog pour 2011!

Archives du blog pour 2010!

Archives du blog pour 2009!

Archives du blog pour 2008!

Archives du blog pour 2007!

Archives du blog pour 2006!



Haut 
Denise Laferrière
Conseillère municipale, District de Hull (8)
25, rue Laurier
Gatineau, QC J8X 3Y9
Tél.: (819) 595-7110 téléc.: (819) 595-7396
laferriere.denise@ville.gatineau.qc.ca